Bach: Concerto pour clavecin en ré mineur (BWV 1059)

Du Concerto pour clavecin en ré mineur (BWV 1059), on ne possède de la main de Bach que les neuf premières mesures du mouvement vif initial (avec, à l’orchestre, un hautbois venant s’ajouter aux cordes). Mais ces neuf mesures se retrouvent au début de la Sinfonia d’ouverture de la Cantate BWV 35 « Geist und Seele wird verwirret » (1726), à ceci près que la cantate comprenait également des parties de second hautbois et de taille, et qu’à la quatrième mesure du concerto, Bach modifia radicalement l’allure du thème en introduisant des syncopes et des gammes ascendantes en fusée. A partir de ces données, le chef et claveciniste Gustav Leonhardt « termina » le mouvement, et mit sur pieds un finale basé sur la sinfonia ouvrant la seconde partie de la même cantate. Au XIXe siècle, Spitta (biographe de Bach) avait estimé que Bach, s’il avait continué, aurait fondé son mouvement lent sur le premier air de la cantate en question. Leonhardt rejeta cette hypothèse, et introduisit entre les deux mouvements rapides une simple cadence phrygienne, analogue à celle que l’on trouve au même endroit dans le concert brandebourgeois No. 3.

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