Guide de Faust de Gounod

Faust.

  • Opéra en 5 actes de Gounod
  • Livret de Barbier et M. Carré d’après la pièce Faust et Marguerite de Carré (1850), elle-même tirée du Premier Faust de Goethe (1808).

Créé Paris Théâtre Lyrique 19-3-1859 avec M. Carvalho, Faivre, Barbot, Balanqué, Reynald, direction Deloffre, version avec dialogues parlés; avec récitatifs chantés, Strasbourg avril 1860 ; ajout de l’air de Valentin (pour Santley) au His Majesty’s Théâtre de Londres en 1863.

Version profondément remaniée, avec ballet (Nuit de Walpurgis), Paris Opéra 3-3-1869 avec Ch. Nilsson, Mauduit, Colin, Faure, Devoyod, direction Hainl.

2000ème représentation sur cette scène en 1934 ; traduit et joué dans 22 pays en 10 ans, not. Milan Scala .

Le 11-11-1862 (version italienne de Lauzières, avec Boschetti, Marini, Atry) ; choisi pour l’inauguration de l’ancien Met, New-York 22-10-1883 avec Nilsson, Scalchi, Campanini, Novara, Del Puente, direction Vianesi.

De nombreuses pages encore inédites (environ une heure de musique) demeurent en partie propriété des héritiers du compositeur.

Faust / Gounod / 2

Acte I.

Faust (Ténor) médite sur la vanité de son savoir, et s’apprête à boire un poison quand résonne le chant dc Pâques; mais c’est Satan qu‘il invoque : Méphistophélès (ou Méphisto, basse) se présente et lui fait signer le pacte qui donne la jeunesse à Faust en échange de son âme. Lors d’une kermesse, Valentin (baryton) s’inquiète de laisser sa sœur Marguerite en partant à la guerre (« Avant de quitter ces lieux »); celle-ci est convoitée par Faust qu’amène Méphisto, lequel nargue la foule (ronde du « Veau d’or »), et écarte le jeune soupirant de Marguerite, Siebel (Soprano ou Mezzo, rôle de travesti parfois). Pendant une valse, Faust aborde Marguerite (Soprano).


ACTE II.

Dans le jardin de Marguerite, Siebel dépose un bouquet (« Faites-Iui mes aveux »), cependant que Méphisto procure un coffret de riches bijoux à Faust, qui se recueille devant la demeure (« Salut, demeure chaste et pure ») et se retire. Marguerite égrène les couplets de la « ballade du roi de Thulé » tout en songeant à sa rencontre avec Faust, puis, découvrant la cassette, se pare des bijoux (« Ah, je ris de me voir si belle »). Méphisto détourne l’attention de la duègne, Dame Marthe (contralto), laissant Faust conter son amour (« Laisse-moi contempler ton visage » ); Marguerite lui avoue le sien et le repousse un instant; mais Faust, poussé par Méphisto, rejoint Marguerite dans sa chambre.


ACTE III.

Marguerite, abandonnée par Faust, se confie à Siebel. Elle se rend ensuite à l’église (« Seigneur, daignez permettre »), mais la voix de Méphisto arrête sa prière. Les soldats sont de retour (chœur : « Gloire immortelle de nos aîeux ») ; Valentin se réjouit de revoir sa sœur, mais Siebel l’arrête. Pris de remords, Faust est de retour, et Méphisto donne une narquoise « sérénade » (« Vous qui faites l’endormie »), assez mal accueillie par Valentin, qui provoque en duel Faust. Secondé par Méphisto, celui-ci blesse mortellement Valentin, qui, avant d’expirer, maudit sa sœur (« Écoute-moi bien, Marguerite »).


ACTE IV.

Faust a suivi Méphisto dans son séjour : celui-ci fait revivre et danser pour lui les courtisanes antiques (ballet de la Nuit de Walpurgis), mais Faust a la vision de Marguerite en prison, condamnée à l’échafaud. ll s’enfuit vers elle.


ACTE V.

Marguerite, en son cachot, attend la mort, pour avoir tué l’enfant qu’elle avait eu de Faust. Elle a perdu l’esprit, et répond évasivement à Faust venu la chercher. Consciente de Ia dangereuse présence de Méphisto, elle invoque le ciel (trio « Anges purs, anges radieux ») et expire, aux sons d‘un chœur céleste, car son âme est sauvée.

 

Jugée avec sévérité par la critique, lors de sa création, pour son modernisme et son germanisme outranciers, l’œuvre s’imposa très rapidement auprès du public, au point de devenir plus tard suspecte en raison même de sa trop grande popularité. En fait, hormis quelques concessions au goût de l’époque, Gounod innove profondément dans Faust, chef-d’œuvre lyrique français original, entièrement libéré des modèles italien et allemand.

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