CPE Bach / Abschied – Vittorio Forte

Interprétation:5 out of 5 stars (5,0 / 5)
Oeuvre:4.5 out of 5 stars (4,5 / 5)
Son:4.5 out of 5 stars (4,5 / 5)
Bien-être:5 out of 5 stars (5,0 / 5)
Average:4.8 out of 5 stars (4,8 / 5)

SITE DE VITTORIO FORTEAPPLE MUSICODRADEK RECORDS

  • Album:  ABSCHIED
  • Artiste Principal:  Vittorio Forte
  • Compositeurs: C.P.E. Bach
  • Label: Odradek Records
  • Genre: Classique/Piano
  • Durée totale: 1 heure, 18 minutes
  • Date de sortie d’origine: 15 mars 2019 

L’instrument préféré de Carl Philipp Emanuel Bach était un clavicorde de Gottfried Silbermann. En 1781, il l’offrit à son élève Ewald von Grotthuss, avec le rondo Abschied von meinem Silbermannischen Claviere (Adieu à mon clavicorde Silbermann). Grotthuss retourna ce geste avec un rondo à lui. Beaucoup seront en mesure de comprendre la nature douce-amère de cette histoire: en disant «adieu» (Abschied) à quelque chose de précieux, on éprouve un sentiment inévitable de perte, mais aussi le plaisir d’offrir des encouragements tangibles en confiant à quelqu’un un cadeau très personnel. L’impression que C.P.E. Bach était musicalement sur le point de «passer le témoin» reflète la signification plus large de sa musique, qui s’appuyait simultanément sur les traditions du passé, en particulier celles de son père, J.S Bach, tout en regardant vers l’avenir pour ouvrir la voie au classicisme de Mozart, Haydn et Beethoven. En 1773, l’historien de la musique Charles Burney (1726-1814) témoignait de cette dimension en écrivant à propos de son contemporain, Carl Philipp Emanuel Bach: «Ses pièces … après un examen attentif, seront jugées si riches en invention, en goût, et en savoir, que … chaque ligne d’entre elles … fournirait bien plus d’idées nouvelles que ce qu’il existe dans une page entière de bien d’autres compositions». Burney reconnaissait également les facettes les plus insolites du style de C.P.E. Bach, estimant que ses œuvres étaient «si peu communes, qu’une certaine habitude est nécessaire pour leur appréciation»
© (C) Odradek 2019 Copyright

CRITIQUE HD

Le premier morceau est d’une tendresse infinie, ce qui présage un bon moment à passer avec le pianiste italien. Les doigts de Vittorio se couchent sur le piano en donnant aux notes une profonde émotion. Dans ce jeu pianistique la technique est au service de l’émotion. Et toute cette émotion marquera le récital livré par le pianiste. Tout au long du cd l’italien fait parler d’amour son piano et nous en savourons chaque mot. Si tous les marteaux du piano de Vittorio pouvaient briser la violence qu’on connaît dans ces temps obscurs, ce serait une fichue belle leçon de musique.

On ne peut être fier d’un album que si l’on en est l’auteur, mais on peut être fier et bienheureux d’avoir vécu une belle histoire en passant ce dernier. Et moi, je suis fier d’avoir cet album dans ma discographie.

Vittorio passe le Bach haut la main et le do bien droit !

Distinction: Album de la semaine du 24 au 31 mai
Rondo in E minor, ‘Abschied von meinem Silbermannischen Claviere’, Wq. 66, H. 272