Hélène Desaint / Schumann – Kurtág

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Lauréate de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, Hélène Desaint propose ici un récital en deux facettes qui illustrent bien sa personnalité : « Ce disque est né de ma fascination pour Schumann. Tout en lui me captive : l’homme tourmenté, le grand lecteur passionné par le fantastique et le surnaturel, le compositeur génial et intérieur, le poète par-delà les mots, la musique, puissamment évocatrice de personnages ou de tableaux en même temps que d’états d’âme complexes. Reprenant l’effectif des Märchenerzählungen, György Kurtág a composé un trio en hommage à Schumann en 1990 – une façon de traverser les siècles et d’ouvrir un dialogue entre deux écritures, de redonner vie aux figures imaginaires et aux courtes formes contrastées familières du compositeur allemand. Construire un programme autour de Schumann et Kurtág s’est alors imposé à moi. Cette mise en regard me semble d’autant plus intéressante que je retrouve dans leur musique une même intériorité, une même concentration – chez Kurtág, cette densité va jusqu’à imprégner chaque note –, une même concision. »

Hélène Desaint

Dès les premières notes nous sommes pris par la sensibilité du jeu d’Hélène; par son style de jeu poétique et technique à la fois. Et, un peu comme un enfant excité avant d’ouvrir son cadeau, nous avons hâte d’entendre la suite.

Au troisième mouvement du superbe Märchenbilder de Robert Schumann, tout son jeu se déploie; l’altiste nous montre que son jeu peut être intimiste et très technique à la fois; et il est souvent difficile de bien combiner les deux. Sur « Langsam, mit melancholischem Ausdruck » les notes sont touchantes, Hélène nous emporte dans un monde fait de poésie. L’archet « du Giuseppe Sgarbi » transperce le cœur et le piano du grand Louis Lortie fait résonner ses notes qui viennent toucher notre sensibilité et nous vont droit au cœur. Ses petits bouts de tendresse que les acteurs nous livrent font tellement du bien.
C’est étrange mais en écoutant l’album, on a l’impression de vivre dans la mélancolie et qu’à certains moments on essaie de s’en échapper. Aller vers un futur mais la peur du vide est là…
Ce n’est que mon ressenti bien sûr.

Dans l’hommage à Robert Schumann, la clarinette de Ronald Van Spaendonck a fait son entrée; et là le jeu s’en est trouvé plus enjoué, comme si on avait trouvé ce qu’on cherchait…
Voilà mon histoire personnelle entre moi et l’album. Entre Schumann et Kurtág tout s’est très bien emboîté finalement. Hélène et ses acolytes nous ont fait passer un moment de mystère et de tendresse, un vrai conte de fée quoi ! Et moi, j’ai eu mon compte…

Le son de l’album est très bon. La scène sonore est bien répartie. Et en plus il existe un enregistrement en 24 bits – 96.00 kHz.